L'étymologie
du nom de Bramans est assez difficile à déterminer : on ne
retrouve que des traces sur des manuscrits où il apparaît vers 1338
pour la plus ancienne, puis dans une liste des possessions de la
Maison de Savoie qui mentionne parmi elles "Cinisius Minor"
= le Petit Mont-Cenis, et "Bramovicum olim Metropolis"
: Bramans autrefois Métropole, signifiant ainsi que par le passé
Bramans a eu un rôle très important.
Les premiers
habitants de Bramans ne se sont pas établis dans le village actuel
mais de préférence sur les hauts plateaux ou sur les flanc des coteaux
pour ne pas avoir à craindre des ravages des torrents, ni de l'atmosphère
malsaine des marécages formés par le recul des grands glaciers.
La nature
marécageuse d'une partie de Bramans se retrouve dans l'appellation
du hameau du Verney, en latin "Vernetum", lieu planté
de Vernes qui aiment beaucoup l'humidité.
Les
sommets de Bramans en particulier le hameau de St Pierre d'Extravache
auraient été les premiers lieux habités de Bramans.
Quelques
dates importantes...
2000
Avant J.-C.
Premières traces d'habitat permanent dans les alentours de
Bramans (grotte de la Balme Sollières Envers) qui se révèlent
au travers des trouvailles archéologiques : haches poliesen
serpentine, gaine de hache, poteries diverses, vases,...
*
218
avant J.-C.
C'est à cette époque que selon certains historiens
qu'ANNIBAL aurait franchi les Alpes par le Col Clapier pour aller
combattre les romains avec son armée composée de 25000
hommes de troupe, 5000 cavaliers, de bêtes de somme et de
37 éléphants sans compter le nombreux personnel chargé
de l'intendance
*
Epoque
romaine
Bramans comforte son rôle de commune de passage avec les travaux
entrepris par les romains pour viabiliser les liaisons transalpines.
On trouve le premier lieu de culte chrétien à St Pierre
d'Extravache dès le Ier siècle après JC et
la première église dès le IIème siècle.
*
Epoque
carolingienne
Pépin le Bref, Charlemagne franchissent, à partir
de Bramans, plusieurs fois les alpes pour aller combattre les lombards.
Les hordes barbares (Burgondes, Huns, Sarrasins) défilent
par la route de St Pierre d'Extravache jusqu'au XIIIè siécle.
*
1400
- 1650
La peste sévit à Bramans une première fois
de 1472 à 1478, une deuxième fois de 1545 à
1598 avec des périodes de rémission et une troisième
fois en 1630. Cette année là, on dénombre 100
victimes pour 704 habitants dans la commune. A cette époque,
on trouve également un hôpital dans le village.
*
1690
- 1696
Occupation de Bramans par les troupes françaises (la Savoie
est alors Sarde) pendant la guerre de Louis XiV contre le duc de
Savoie Victor Amédée.
*
1789
-1795
En septembre 1792, les armées de la République envahissent
la Savoie. Des combats violents ont lieu sur les sommets de Bramans
entre les troupes françaises commandées par le général
Sarret et les troupes sardes établies au Petit MontCenis
*
6 mai 1860
Annexion de la Savoie à la France
*
22
juin 1940
Après la déclaration de guerre de l'Italie à
la France le 10 juin, les troupes italiennes entrent dans Bramans
à la faveur d'une retraite stratégique des troupes
françaises. S'en suivra l'occupation allemande à partir
de septembre 1943 jusqu'à la "libération"
du 14 septembre 1944. Les derniers foyers de résistances
des troupes allemandes persisteront jusqu'aux
terribles combats du Mont Froid en Avril 1945.
*
1957
Pendant 3 jours du mois de Mai 1957, des pluies tombent sans discontinuer.
Il en résulte de graves inondations à Bramans ainsi
que dans toute la Haute Maurienne.
*
1962-1968
Construction du barrage du Mont Cenis et des galleries souterraines
à Bramans. Cette construction permet au village de se doter
d'un réseau très envié de chemins forestiers.
*
Coutumes et Traditions
Les
Sapeurs Pompiers
Le 6
mai 1860, le duché de Savoie est rattaché à la France à la suite
du plébiscite du 2 avril 1860. Sous le gouvernement sarde, toutes
les communes avaient organisé une Garde nationale. La commune de
Bramans avait la sienne, composée de volontaires du pays, avec armement
et uniformes personnels et facultatifs. Cette faction de la Garde
nationale était commandée par un capitaine, nommé par ses pairs.
La commune
alors, ayant fait l'acquisition d'une pompe, et en ayant donné la
garde et l'entretien à la Compagnie, les membres composant celle-ci
décidèrent de s'équiper identiquement selon le système sarde.
Un certain
nombre d'entre eux, dont les parents, avaient suivi le grand Empereur
et avaient ramené de leurs campagnes leur uniforme, formèrent une
section de sapeurs que l'on voit encore évoluer de nos jours, les
attributs ayant été transmis de père en fils.
L'annexion
venue, la Garde nationale fut dissoute et ses membres prirent le
nom de Sapeurs pompiers.
Par la
suite, un décret du 29 décembre 1875 prescrivant l'organisation
de sapeurs pompiers dans toute la france, trouva ainsi à Bramans
une compagnie toute organisée.
Jusqu'à
la guerre de 1914-1918, du pain bénit était distribué à la messe
chaque dimanche. Cette coutume, que l'on retrouve en France dès
le VIIIème siècle, au temps de Charlemagne, s'introduit peu après
en Maurienne. A tour de rôle, chaque famille apportait à l'église,
le dimanche matin, un pain de seigle, remplacé plus tard par une
ou deux miches de pain blanc. Déposé dans une serviette sur la table
de communion, le pain était bénit par le prêtre, puis partagé après
le sermon.
A certaines
solennités, notamment lorsque des corps de métiers célébraient leur
fête annuelle, le pain gagnait en quantité et en qualité.
Mais
c'est surtout le 15 Août, à l'occasion de la fête patronale de la
paroisse dédiée à l'Assomption de la Sainte Vierge, que le pain
revêtait une importance particulière.
Ce n'étaient
plus une ou deux miches mais de larges couronnes superposées
et de nombreux petits pains ronds appelés "micons",
le tout soutenu par un échafaudage en bois formant une tour
pyramidale surmontée d'une croix en pain, garnie de rubans
et de fleurs du pays.
Cette
tradition du pain bénit perdure encore de nos jours à
Bramans chaque 15 Août. Ce jour là, un groupement de
Bramans ou du hameau du Verney se charge de la confection de ce
pain bénit et de sa décoration, demandant un long
travail à l'équipe qui s'en est chargée.
La
fête patronale du 15 Août
La fête
patronale du 15 Août commence, dès le matin 7h, par
le réveil au clairon du village, par des membres de la clique
des Sapeurs pompiers.
Vient
ensuite la revue par le Maire de la compagnie des Sapeurs pompiers.
Selon que le groupe organisateur du pain béni appartient
au "Chef-lieu" ou au Verney, cette revue a lieu au Verney
ou sur la place de la Mairie de Bramans.
Un cortège
s'organise ensuite et part de Bramans ou du Verney, selon l'origine
du groupe organisateur. La clique, les sapeurs en tenue Empire et
les pompiers ouvrent la marche.
Viennent
ensuite le groupe porteur du futur pain bénit puis la population
qui parcourent le chemin qui mène à l'église
où le pain sera bénit lors d'une grande messe solennelle.
A la
fin de la messe, le pain est partagé par l'assemblée,
puis le cortège fait le tour du village.
A l'occasion,
certaines femmes et certains hommes arborent leurs costumes anciens
traditionnels, habits de dimanche et de ours de fête au siècle
dernier et spécifique au village.
Depuis
quelques années malheureusement, le pain béni passe
au second plan derrière les costumes et le folklore. Les
costumes anciens sortis pour l'occasion prennent le pas sur la procession
et sur la cérémonie religieuse. Volonté de
quelques uns, c'est une évolution désagréable
d'une tradition locale. Néanmoins, le 15 août reste
une fête qui permet à de nombreux bramanais de se retrouver
et pour les touristes de passage de découvrir les charmes
des traditions des villages savoyards.
Le
bob à Bramans
Descente
de bobs anciens sur la route menant au hameau du Planay : des courses
avaient lieu sur cette route comme dans les autres villages de la
vallée.
Les courses
de bob étaient synonyme de fête du village et les journées
se terminaient par des banquets suivis de bals avec l'election de
"la Reine des Neiges" comme à Bramans lors des
Championnats d'Europe de bobs sur route.
La
légende des 14 chapeaux
Le courrier
de Modane au Mont-Cenis allait arriver en vue de Bramans lorsque
soudain il aperçoit, étendu au travers du chemin,
un homme paraissant inanimé. Il s'agissait d'un de ses compatriotes,
un riche maquignon de Bramans. Parvenu au village du Verney, il
déposa le blessé à l'hôtel du "
Lion d'Or " et fit prévenir sa famille qui accourut
en toute hâte bientôt suivie des carabiniers. Un brigadier
tenta de savoir qui avait attaqué ce riche maquignon. Dans
un souffle, ce dernier laissa tomber ces mots : " Les Grands
Chapeaux ". Ici, le riche maquignon faisait allusion à
une bande organisée terrorisant Bramans et ses environs.
Au nombre
de 14, ils portaient invariablement un chapeau de feutre noir, espèce
de sombrero aux larges bords apparus, qui leur cachait une partie
du visage, d'où l'appellation " Les Grands Chapeaux
". Le maquignon mourut dans la soirée malgré
tous les soins dont il fut entouré provocant le désarroi
de la population et du Curé dont le sacristain avait été
trouvé mort dans le clocher et auquel il avait donné
un remplaçant provisoire qui s'était offert lui-même.
Et tandis que le curé méditait et suppliait le Seigneur
de mettre un terme à ce terrible fléau, voilà
que l'on sonne à la porte. Un père capucin demandait
à parler au curé, envoyé par ses supérieurs
quêter en Maurienne et, surpris par la nuit, demandant l'hospitalité.
Au cours du repas, la conversation tomba sur l'événement
du jour : le meurtre du maquignon. Bien vite, le père capucin
demanda au curé s'il ne craignait pas les attaques des brigands
et fit le constat que le presbytère de Bramans était
loin de toute habitation. Le curé faisait confiance en la
providence ; d'après lui elle le garderait !
La conversation
dérive, porte sur la région et plus particulièrement
sur le splendide monolithe de Sardières, haut de 92 mètres.
Le curé s'étonne alors, qu'en sa qualité de
lettré, le père capucin ne sache pas que le monolithe
est une pierre composé d'une seule pièce et est stupéfait
de la prononciation usitée pour la désigner. L'angoisse
le gagne alors. Elle s'intensifie quand il aperçoit le comportement
agité de sa servante Jeanne, qui cherche à attirer
son attention. En effet, elle s'est rendue compte en ramassant un
couvert qui était tombé sous la table que le capucin
ne portait pas des sandales ou des souliers mais, fait assez particulier,
des bottes. Le curé se veut rassurant mais lui conseille
de s'enfermer à double tours. Sous son air détendu,
le curé est moins rassuré qu'il n'en paraît
et s'empresse d'aller vérifier le signal d'alarme de la cure
relié à la cloche du clocher, qu'il trouve, fait alarmant,
sectionné. Il se rend dans sa chambre et se plonge dans la
prière.
A minuit,
alors que tout est calme, un personnage s'avance dans le corridor.
Il ne porte pas la bure des capucins mais le fameux chapeau. Arrivé
à la porte du curé, il l'ouvre, fait quelques pas
dans l'alcôve et là enfonce de toutes ses forces un
long poignard dans la poitrine... du mannequin que le curé
avait mis à sa place. Au même moment deux mains vigoureuses
s'abattent sur lui et lui serrent le cou comme dans un étau.
Bien que son intention n'était pas de lui donner la mort,
le curé, sous la tension nerveuse, lui brise les vertèbres.
Soudain, surgit de la nuit, une voix se fait entendre sous la fenêtre.
Il s'agit des acolytes du capucin demandant d'une voie pressante
le cadavre du curé.
Sans
hésitation, craignant encore pour sa vie, le curé
roule dans un drap le corps inerte et le fait basculer par la fenêtre.
Il entend alors s'éloigner leurs pas emportant le curé
qui n'est autre que le capucin. Avec soulagement, le curé
se jette sur son prie-Dieu et il passe le reste de la nuit. Fait
étrange, jamais depuis cette nuit on ne revit le sacristain
provisoire. En réalité c'était le faux capucin
qui tenta de dévaliser le curé et enterré à
sa place. C'était lui le chef des 14 chapeaux !
Le lendemain,
les bandits furent stupéfaits en voyant le pasteur de la
paroisse bien vivant. Ils en furent désemparés et
effrayés. La disparition soudaine du sacristain fut un indice
pour les carabiniers qui parvinrent peu à peu à capturer
la bande entière.