![]() |
| Histoire et traditions de Bramans, la fête du 15 août , le pain béni et les sapeurs pompiers en tenue du second empire |
|
"Si j'étais paroissien de Bramans, je recueillerais avec amour, dans l'histoire locale, tout ce qui constitue et rappelle la vie de mes ancêtres" Abbé Jean-Baptiste Jorcin (Curé de Bramans de 1931 à 1964) |
|
[ Un peu d'histoire ] [ Dates importantes ] [ Sapeurs Pompiers ] [ Pain Bénit ] [15 Août ] [Bobs] [14 Chapeaux] [Le passage d'Hannibal] |
|
L'étymologie du nom de Bramans est assez difficile à déterminer : on ne retrouve que des traces sur des manuscrits où il apparaît vers 1338 pour la plus ancienne, puis dans une liste des possessions de la Maison de Savoie qui mentionne parmi elles "Cinisius Minor" = le Petit Mont-Cenis, et "Bramovicum olim Metropolis" : Bramans autrefois Métropole, signifiant ainsi que par le passé Bramans a eu un rôle très important. |
![]() |
![]() |
|
Les premiers habitants de Bramans ne se sont pas établis dans le village actuel mais de préférence sur les hauts plateaux ou sur les flanc des coteaux pour ne pas avoir à craindre des ravages des torrents, ni de l'atmosphère malsaine des marécages formés par le recul des grands glaciers. La nature marécageuse d'une partie de Bramans se retrouve dans l'appellation du hameau du Verney, en latin "Vernetum", lieu planté de Vernes qui aiment beaucoup l'humidité. Les sommets de Bramans en particulier le hameau de St Pierre d'Extravache auraient été les premiers lieux habités de Bramans. |
|
|
2000
Avant J.-C. * 218
avant J.-C. * Epoque
romaine * Epoque
carolingienne * 1400
- 1650 * 1690
- 1696 * 1789
-1795 * 6 mai 1860 * 22
juin 1940 * 1957 * 1962-1968 * |
|
|
Le 6 mai 1860, le duché de Savoie est rattaché à la France à la suite du plébiscite du 2 avril 1860. Sous le gouvernement sarde, toutes les communes avaient organisé une Garde nationale. La commune de Bramans avait la sienne, composée de volontaires du pays, avec armement et uniformes personnels et facultatifs. Cette faction de la Garde nationale était commandée par un capitaine, nommé par ses pairs. La commune alors, ayant fait l'acquisition d'une pompe, et en ayant donné la garde et l'entretien à la Compagnie, les membres composant celle-ci décidèrent de s'équiper identiquement selon le système sarde. Un certain nombre d'entre eux, dont les parents, avaient suivi le grand Empereur et avaient ramené de leurs campagnes leur uniforme, formèrent une section de sapeurs que l'on voit encore évoluer de nos jours, les attributs ayant été transmis de père en fils. |
|
![]() |
L'annexion venue, la Garde nationale fut dissoute et ses membres prirent le nom de Sapeurs pompiers. Par la suite, un décret du 29 décembre 1875 prescrivant l'organisation de sapeurs pompiers dans toute la france, trouva ainsi à Bramans une compagnie toute organisée. Pour en savoir plus sur les Sapeurs Pompiers : le site de l'ancien Chef de Corps des Pompiers de Bramans. |
||
|
Jusqu'à la guerre de 1914-1918, du pain bénit était distribué à la messe chaque dimanche. Cette coutume, que l'on retrouve en France dès le VIIIème siècle, au temps de Charlemagne, s'introduit peu après en Maurienne. A tour de rôle, chaque famille apportait à l'église, le dimanche matin, un pain de seigle, remplacé plus tard par une ou deux miches de pain blanc. Déposé dans une serviette sur la table de communion, le pain était bénit par le prêtre, puis partagé après le sermon. |
|||
|
|
![]() |
|
A certaines solennités, notamment lorsque des corps de métiers célébraient leur fête annuelle, le pain gagnait en quantité et en qualité. Mais c'est surtout le 15 Août, à l'occasion de la fête patronale de la paroisse dédiée à l'Assomption de la Sainte Vierge, que le pain revêtait une importance particulière. Ce n'étaient plus une ou deux miches mais de larges couronnes superposées et de nombreux petits pains ronds appelés "micons", le tout soutenu par un échafaudage en bois formant une tour pyramidale surmontée d'une croix en pain, garnie de rubans et de fleurs du pays. |
|
Cette tradition du pain bénit perdure encore de nos jours à Bramans chaque 15 Août. Ce jour là, un groupement de Bramans ou du hameau du Verney se charge de la confection de ce pain bénit et de sa décoration, demandant un long travail à l'équipe qui s'en est chargée. |
|||
|
La fête patronale du 15 Août commence, dès le matin 7h, par le réveil au clairon du village, par des membres de la clique des Sapeurs pompiers. Vient ensuite la revue par le Maire de la compagnie des Sapeurs pompiers. Selon que le groupe organisateur du pain béni appartient au "Chef-lieu" ou au Verney, cette revue a lieu au Verney ou sur la place de la Mairie de Bramans. Un cortège s'organise ensuite et part de Bramans ou du Verney, selon l'origine du groupe organisateur. La clique, les sapeurs en tenue Empire et les pompiers ouvrent la marche. |
![]() |
||
|
|
Viennent ensuite le groupe porteur du futur pain bénit puis la population qui parcourent le chemin qui mène à l'église où le pain sera bénit lors d'une grande messe solennelle. A la fin de la messe, le pain est partagé par l'assemblée, puis le cortège fait le tour du village. A l'occasion, certaines femmes et certains hommes arborent leurs costumes anciens traditionnels, habits de dimanche et de ours de fête au siècle dernier et spécifique au village. |
||
|
Depuis
quelques années malheureusement, le pain béni passe
au second plan derrière les costumes et le folklore. Les
costumes anciens sortis pour l'occasion prennent le pas sur la procession
et sur la cérémonie religieuse. Volonté de
quelques uns, c'est une évolution désagréable
d'une tradition locale. Néanmoins, le 15 août reste
une fête qui permet à de nombreux bramanais de se retrouver
et pour les touristes de passage de |
|||
|
Descente de bobs anciens sur la route menant au hameau du Planay : des courses avaient lieu sur cette route comme dans les autres villages de la vallée. Les courses de bob étaient synonyme de fête du village et les journées se terminaient par des banquets suivis de bals avec l'election de "la Reine des Neiges" comme à Bramans lors des Championnats d'Europe de bobs sur route. |
![]() |
|
Le courrier de Modane au Mont-Cenis allait arriver en vue de Bramans lorsque soudain il aperçoit, étendu au travers du chemin, un homme paraissant inanimé. Il s'agissait d'un de ses compatriotes, un riche maquignon de Bramans. Parvenu au village du Verney, il déposa le blessé à l'hôtel du " Lion d'Or " et fit prévenir sa famille qui accourut en toute hâte bientôt suivie des carabiniers. Un brigadier tenta de savoir qui avait attaqué ce riche maquignon. Dans un souffle, ce dernier laissa tomber ces mots : " Les Grands Chapeaux ". Ici, le riche maquignon faisait allusion à une bande organisée terrorisant Bramans et ses environs. Au nombre de 14, ils portaient invariablement un chapeau de feutre noir, espèce de sombrero aux larges bords apparus, qui leur cachait une partie du visage, d'où l'appellation " Les Grands Chapeaux ". Le maquignon mourut dans la soirée malgré tous les soins dont il fut entouré provocant le désarroi de la population et du Curé dont le sacristain avait été trouvé mort dans le clocher et auquel il avait donné un remplaçant provisoire qui s'était offert lui-même. Et tandis que le curé méditait et suppliait le Seigneur de mettre un terme à ce terrible fléau, voilà que l'on sonne à la porte. Un père capucin demandait à parler au curé, envoyé par ses supérieurs quêter en Maurienne et, surpris par la nuit, demandant l'hospitalité. Au cours du repas, la conversation tomba sur l'événement du jour : le meurtre du maquignon. Bien vite, le père capucin demanda au curé s'il ne craignait pas les attaques des brigands et fit le constat que le presbytère de Bramans était loin de toute habitation. Le curé faisait confiance en la providence ; d'après lui elle le garderait ! La conversation dérive, porte sur la région et plus particulièrement sur le splendide monolithe de Sardières, haut de 92 mètres. Le curé s'étonne alors, qu'en sa qualité de lettré, le père capucin ne sache pas que le monolithe est une pierre composé d'une seule pièce et est stupéfait de la prononciation usitée pour la désigner. L'angoisse le gagne alors. Elle s'intensifie quand il aperçoit le comportement agité de sa servante Jeanne, qui cherche à attirer son attention. En effet, elle s'est rendue compte en ramassant un couvert qui était tombé sous la table que le capucin ne portait pas des sandales ou des souliers mais, fait assez particulier, des bottes. Le curé se veut rassurant mais lui conseille de s'enfermer à double tours. Sous son air détendu, le curé est moins rassuré qu'il n'en paraît et s'empresse d'aller vérifier le signal d'alarme de la cure relié à la cloche du clocher, qu'il trouve, fait alarmant, sectionné. Il se rend dans sa chambre et se plonge dans la prière. A minuit, alors que tout est calme, un personnage s'avance dans le corridor. Il ne porte pas la bure des capucins mais le fameux chapeau. Arrivé à la porte du curé, il l'ouvre, fait quelques pas dans l'alcôve et là enfonce de toutes ses forces un long poignard dans la poitrine... du mannequin que le curé avait mis à sa place. Au même moment deux mains vigoureuses s'abattent sur lui et lui serrent le cou comme dans un étau. Bien que son intention n'était pas de lui donner la mort, le curé, sous la tension nerveuse, lui brise les vertèbres. Soudain, surgit de la nuit, une voix se fait entendre sous la fenêtre. Il s'agit des acolytes du capucin demandant d'une voie pressante le cadavre du curé. Sans hésitation, craignant encore pour sa vie, le curé roule dans un drap le corps inerte et le fait basculer par la fenêtre. Il entend alors s'éloigner leurs pas emportant le curé qui n'est autre que le capucin. Avec soulagement, le curé se jette sur son prie-Dieu et il passe le reste de la nuit. Fait étrange, jamais depuis cette nuit on ne revit le sacristain provisoire. En réalité c'était le faux capucin qui tenta de dévaliser le curé et enterré à sa place. C'était lui le chef des 14 chapeaux ! Le lendemain, les bandits furent stupéfaits en voyant le pasteur de la paroisse bien vivant. Ils en furent désemparés et effrayés. La disparition soudaine du sacristain fut un indice pour les carabiniers qui parvinrent peu à peu à capturer la bande entière. |
|










